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Chapitre 3 : L'inflation, désinflation et déflation
Introduction :L'explication du phénomène de l'inflation est controversée et ses conséquences sont généralement considérées comme défavorables. Souvent, l'inflation a été considérée par les gouvernements comme un mal secondaire puisque la priorité a toujours été donnée à la lutte contre le chômage. Les économistes keynésiens ont toujours mis en évidence la possibilité d'un arbitrage entre l'inflation et le chômage. A partir des années 80, la plupart des pays développés, y compris la France, ont modifiés leurs objectifs : la priorité des gouvernements est de juguler l'inflation, c'est-à-dire plusieurs moyens sont pratiqués pour lutter contre la poussée inflationniste puisqu'en 82, l'inflation était de 14%.
L'inflation correspond a une augmentation du niveau général des prix et elle devient problématique lorsqu'elle est cumulative et durable. La déflation est la baisse du niveau général des prix et elle apparaît généralement en période de crise et elle s'accompagne d'une chute de la production et de faillite d'entreprises.
I- L'inflation
A- La mesure de l'inflation
Pour mesurer l'inflation, on calcule des indices de prix dont le plus utilisé est l'indice des prix à la consommation. Celui-ci est calculé chaque mois par l'INSE ( l'Institut National des Statistiques Economiques). Depuis 2002 (passage à l'euro), la mesure de cet indice essuie plusieurs critiques et notamment celles des syndicats et des associations des consommateurs. L'inflation en France a augmenté au cours des années 70 pour atteindre, certaines années, des niveaux supérieurs à 10% (74 : choc pétrolier ; 81-82 : arrivée de la Gauche au pouvoir). A partir de 82, le gouvernement de l'époque a mit en place une politique de désinflation qui a permit de faire baisser les prix puisqu'on constate que depuis 86, le niveau de l'inflation est resté stable autour de 2%. On distingue plusieurs formes inflationnistes :
inflation rampante : elle correspond à une augmentation modérée du niveau général des prix et elle se situe entre 2 et 5% ;
inflation galopante : lorsque le niveau de l'inflation est à deux chiffres ;
hyper-inflation : inflation énorme sur une période de très forte inflation (exemple : bloc soviétique pendant la transition → en 92, ces pays en transition → 682% d'inflation).
B- Les causes de l'inflation
On distingue 3 causes principales d'inflation :
l'inflation par la demande ; si la demande des ménages, des entreprises et de l'État est supérieur à l'offre, selon la loi de l'offre et de la demande, les prix auront tendance à augmenter mécaniquement, ce qui peut entrainer une augmentation rapide des revenus des ménages et qui peut être à l'origine de l'inflation ;
l'inflation par les coûts ; elle s'observe lorsque les hausses des coûts des entreprises (les salaires, les matières première, …) sont répercutées sur les prix de vente afin de maintenir leur taux de marge (exemple en 73, quand le prix du pétrole a été multiplié par 4, les entreprises ont fait de même, ce qui a entrainé une inflation importante) ;
l'inflation monétaire : pour l'école libérale sur monétariste (que l'on appel l'école de Chicago) à leur tête Milton Friedman → considère que « la cause de l'inflation est partout et toujours la même : c'est un accroissement anormalement rapide de la quantité de monnaie par rapport au volume de la production ». Pour cet auteur, la quantité de monnaie doit croître à taux constant et à un taux égal à celui de l'accroissement de la production pour ne pas générer de l'inflation.
C- Les conséquences de l'inflation
Les conséquences de l'inflation sont plutôt négatives mais on peut mettre en évidence un effet positif. En effet, une (forte) inflation permet d'alléger le coût du débiteur, donc les entreprises et les menaces vont pouvoir ainsi alléger leurs investissements. Donc on peut dire qu'en période inflationniste, l'investissement et la croissance économique peuvent augmenter.
๑ Les conséquences négatives de l'investissement
L'inflation pénalise les épargnants puisque la valeur de la monnaie diminue. Elle réduit également les salaires qui ne sont pas indexés sur l'inflation (en France, le SMIC). Pour Keynes, l'inflation est un avantage pour l'économie parce qu'elle pénalise les rentiers.
Lorsque le taux d'inflation d'un pays est supérieur à celui de ses partenaires commerciaux, cela entraîne une dégradation de la compétitivité des entreprises nationales, ce qui crée un déficit de la balance commerciale.
L'inflation peut perturber les marchés en modifiant la structure des prix relatifs. En effet, tout les prix n'évoluent pas de la même manière et tout les secteurs ne connaissent pas la même tension inflationniste. Pour ces raisons, il est nécessaire pour les États de maintenir un taux d'inflation raisonnable, c'est-à-dire il est important de savoir à partir de quel niveau l'inflation peut-être déstabilisatrice. Pour les monétaristes (école de Chicago), c'est le cas dès que la croissance de la masse monétaire est supérieure à celle de la production. Pour l'école keynésienne, des niveaux d'inflation plus élevés sont beaucoup plus tolérables.
II- Désinflation et déflation
A- La désinflation
Les années 60 et 70 ont été marquées par une hausse croissante du niveau général des prix dû au premier et au second chocs pétroliers, et à partir des années 80, on assiste à un processus de désinflation : l'inflation se poursuit, mais à un rythme plus lent. Ce ralentissement s'explique à la fois par des phénomènes conjoncturels et par un changement d'orientation politique.
๑Explication des phénomènes conjoncturels :
Le ralentissement de la croissance économique mondiale à partir de 1974 conduit à terme à l'existence de capacité de production
inemployées (facteur capital et travail) → chômage et sous utilisation du capital productif.
Cela conduit à un accroissement de la concurrence. De plus, l'ouverture croissante des économies favorise la concurrence internationale et élimine
๑Le changement d'orientation des politiques économiques
Les années 80 marquent le passage des politiques économiques d'inspiration keynésiennes vers les libérales. Ce « tournant libéral » est lié à l'échec des politiques keynésiennes inadaptées pour lutter contre la crise économique. A cette époque, on a constaté le retour en grâce de certains économistes, notamment un retour de l'école monétariste, et surtout, l'arrivée au pouvoir des gouvernements libéraux tels que Ronald Reagan aux États-Unis et la Dame de Fer en Angleterre, dans les années 80. La priorité de leurs politiques était d'enrayer et de juguler l'inflation plutôt que d'essayer de résoudre le problème du chômage. En France, c'est à partir de 1983 qu'est pratiquée cette forme de politique libérale et qui avait pour objectif de :
briser le cercle vicieux d'inflation qui déstabilise l'économie française et qui conduit au déséquilibre de la balance commerciale et aux dévaluations pour restaurer la compétitivité des entreprises. Une inflation supérieure à celle des partenaires commerciaux entraîne une baisse de la compétitivité prix des produits français, dont une perte de part de marché à l'extérieur, ce qui conduit à la dégradation de la balance commerciale, ce qui pousse le gouvernement à dévaluer sa monnaie ;
la désinflation compétitive consiste à désindexer les salaires sur les prix et surtout à contrôler strictement la masse salariale. Contrôler la masse salariale pour un chef d'entreprise permet de réduire l'inflation par les coûts (l'augmentation des salaires est répercutée nécessairement sur les prix par les entreprises pour maintenir leur marge) et par la demande (le pouvoir d'achat des salariés diminue). Cette politique menée en France par le gouvernement de gauche a permis de réduire l'inflation, mais au prix de l'augmentation du chômage. Cela a été mis en évidence par la courbe de Philips qui démontre que l'on ne peut pas à la fois juguler l'inflation et réduire le taux de chômage.
B- La déflation
Elle correspond à une baisse du niveau général des prix (rare aujourd'hui), un peu plus fréquente au XIXème siècle et a entraîné des périodes de dépression → exemple : dépression des années 30, suite à la crise de 29, a été marquée par des baisses importantes des prix.
Il est à noter que la crainte de déflation est toujours présente aujourd'hui car elle risque de provoquer des faillites en cascade d'entreprises qui seraient obligées de vendre leurs produits à moindre prix. Cette façon de faire peut entraîner un cercle vicieux de la déflation : la baisse des prix entraîne une baisse de production, qui entraîne baisse des prix, qui entraîne baisse de la production, … ainsi de suite. L'inflation a des effets globalement déstabilisant, surtout à partir du moment où elle devient cumulative (d'une année sur l'autre). Il est alors nécessaire de mener des politiques volontaristes pour lutter contre l'inflation, mais celles-ci peuvent avoir un effet dépressif sur la croissance économique et sur le chômage.
Fin du chapitre 3 et fin du semestre 3
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